Tout quitté pour une retraite au Costa Rica
De Sylvain Amiot ‘Chill’
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ISBN : 978-2-9823950-0-8 Imprimé
ISBN : 978-2-9823950-1-5 Digital
Publié via Amazon KDP.
Table des matières
Chapitre 1 – Quand un baiser change une vie
Chapitre 2 – Voyages, passions et la promesse d’un ailleurs
Chapitre 3 – Et si on partait… pour toujours ?
Chapitre 4 – Partager le rêve – Emmener mes parents à Uvita
Chapitre 5 – Le monde en pause, nos rêves en marche
Chapitre 6 – L’aventure en roulant
Prologue – Choisir un rêve sans se perdre dans celui des
autres
Jour 1 : Un 4×4 de rêve
Jour 2 : Tortuguero, au cœur de la jungle
Jour 3 : Ecolirios Boutique Hotel & Spa
Jour 4 : Excursion à cheval et chute d’eau
Jour 5 : Puerto Viejo de Talamanca
Jour 6 : Traversée de la cordillère de Talamanca
Jour 7 : Péninsule d’Osa, le bout du monde
Jour 7 (suite) : Le Luna Lodge de Carate
Jour 8 : À la recherche des tortues (deuxième essai)
Jour 9 : Le parc Corcovado
Jour 10 – Pavones, le paradis des surfeurs
Jour 11 – Golfito et les mystères du Golfo Dulce
Jour 12 : Les baleines de Golfo Dulce
Jour 13 : De Quepos au Santa Juana Lodge
Jour 14 : Dernière route vers San José
Jour 15 : Leçons de liberté au Rescate Wildlife Rescue
Center
Chapitre 7 – Tester les limites : Tres Rios, 2022
Chapitre 8 – La proposition audacieuse
Chapitre 9 – Le grand départ
Chapitre 10 : Atterrir au paradis – 21 septembre 2023
Chapitre 10.1 : S’adapter à un nouveau monde
Chapitre 11 : L’expérience du travail à distance
Chapitre 12 – Une vie au rythme de la jungle
Chapitre 13 : La décision de rester – Pas de retour en arrière
Chapitre 14 : La vente de la maison à distance
Chapitre 15 : Recevoir ceux qu’on aime
Chapitre 16 : Le Québec pour la dernière fois
Chapitre 17 : Les leçons de la jungle
Chapitre 18 : Un message aux rêveurs
Chapitre 19 : Quand la jungle devient maison
Partie A – Les premiers pas

’’Un jour, tu donneras un baiser, et tu
sauras à ce moment que ce seront les
lèvres que tu voudras embrassée pour
le reste de ta vie.’’
« À MyLove,
qui a fait de chaque pas de ce voyage
une aventure d’amour. »
Chapitre 1 – Quand un baiser change une vie
À l’époque, j’étais nouvellement divorcé d’un mariage
qui avait duré vingt-trois ans. Avant de me relancer
dans une nouvelle relation, je voulais prendre le temps
de me retrouver. Savoir qui j’étais devenu… et
surtout, qui je voulais être.
Je croyais sincèrement que le bonheur devait venir de
l’intérieur. Que si j’étais bien dans ma peau, heureux
avec mes choix, la personne qui croiserait ma route
comprendrait que, rendu à cinquante ans, la vie n’est
plus monotone. Le temps devient précieux, et on n’a
plus envie de le gaspiller.
Je rêvais d’une équipe. D’un duo d’amour et de
passions pour le reste de notre vie. Voilà ce que je
nous souhaitais.
J’avais arrêté de fumer juste avant la séparation. Pas
banal, puisque j’avais fumé pendant plus de trente-
huit ans. Je m’étais mis à m’entraîner, à faire du vélo, à
sortir de ma zone de confort.
Par la suite, j’avais rencontré d’autres femmes, mais
aucune ne cherchait la même chose que moi. Je
voulais une compagne de vie. Elles voulaient autre
chose.
La rencontre
Un soir, il y avait une compétition de planche à neige
au Mont-Avila, tout près de la maison que j’occupais
dans les Laurentides. Une collègue de travail de mon
fils Philippe m’y avait invité. J’ai accepté. Mais elle est
arrivée accompagnée d’une amie.
Cette amie s’appelait Manon.
Mon rendez-vous l’avait invitée, sans doute au cas où
la soirée ne se déroulerait pas comme elle l’espérait.
Ou peut-être, justement, parce qu’elle n’en espérait
rien du tout.
Manon, elle, était là pour s’amuser. Son petit voisin
participait à la compétition. Elle l’encourageait avec
un enthousiasme sincère.
Il y avait beaucoup de jeunes dans la vingtaine. Ça
faisait drôle de participer et d’encourager les
planchistes avec eux. La bière coulait à flot,
l’ambiance était bonne.
Rapidement, j’ai senti que la fille qui m’accompagnait
n’était pas très compatible avec moi. Et, soyons
honnêtes, le sentiment devait être réciproque. Mais la
soirée a quand même été agréable.
Manon se faisait draguer par de jeunes flammèches un
peu trop enthousiastes, et je trouvais ça franchement
drôle.
Ma « date » s’est transformée en une grande fête de
groupe. On célébrait la victoire d’Antoine, le petit
voisin de Manon, comme s’il s’agissait d’un
championnat mondial. Une soirée euphorique, légère,
festive.
J’ai appris ce soir-là que Manon travaillait pour un
concessionnaire automobile de la marque Ford, tout
comme moi. Mais je n’ai pas poussé plus loin la
conversation. Chacun est rentré chez soi, sans
promesse de se revoir. Mais j’étais reparti avec le
sourire.
Je demeurais dans les Laurentides, à Sainte-Anne-des-
Lacs. Petit village tout à côté de Saint-Sauveur où il y
avait plus d’activités.
Il y a une certaine morosité à demeurer seul. C’est très
calme. Peut-être un peu trop calme. J’écoutais la
télévision, je préparais un peu de souper, la vaisselle,
le lavage. Je m’entraînais, je dormais et j’allais
travailler. Personne pour partager les petits moments
de la vie. La maison était trop grande.
Quelques jours plus tard, les deux filles m’ont réinvité
à un spectacle de musique à Saint-Sauveur, toujours
dans les Laurentides. J’ai accepté, sincèrement
heureux de les retrouver. La première soirée avait été
un vent frais.
Je suis arrivé au spectacle, un peu en avance. Et en
entrant, j’ai vu Manon qui me saluait avec le même
sourire franc que j’avais connu la dernière fois que je
l’avais vue.
— Alors… ton amie n’y est pas ? ai-je demandé en
m’approchant.
— Non, m’a-t-elle répondu avec un petit sourire. Elle
a la santé fragile et préfère se reposer après sa journée
de travail. Mais elle nous souhaite quand même une
belle soirée.
— Ah… donc juste toi et moi ?
— Juste toi et moi. Ça te fait peur ?
J’ai ri, un peu intimidé, je l’avoue. Mais avec elle, tout
devenait simple. En quelques phrases, elle avait fait
tomber mes barrières.
— Tu sais, on a presque le même âge, m’a-t-elle
glissé, comme si ça avait une importance.
— C’est très gentil de m’accompagner à ce spectacle.
— Bien sûr, j’avais bien aimé l’ambiance de la
dernière soirée.
Et c’est vrai : tout était facile avec elle.
On a parlé de son travail chez Ford, des amis qu’on
avait en commun, des endroits où on allait. Plus on
échangeait, plus j’avais cette impression étrange…
— On dirait qu’on se connaît depuis toujours, non ?
ai-je lancé.
— Oui ! s’est-elle exclamée. C’est vraiment drôle. On
découvre plein de choses, on a habité aux mêmes
endroits, dans les mêmes années.
— Et même nos déménagements dans les
Laurentides… c’était presque en même temps.
— Le plus drôle est que, ces dernières années,
j’habitais à deux rues de chez toi.
— Incroyable… qu’on ne se soit jamais vus.
— Tant de similitudes… c’est presque irréel !
On riait comme deux adolescents. On s’amusait à
trouver nos compatibilités, comme un jeu. J’étais
captivé.
Puis la conversation a dévié sur la musique.
— Moi, j’adore la musique, je lui ai dit. J’ai même
occupé un poste de gérant durant quelques années
pour un grand magasin de disques.
— Oh ? C’est vrai ? Moi, j’ai toujours des paroles de
chansons qui jouent dans ma tête. Ça me rend
heureuse. Est-ce que tu connais les paroles de la
chanson qui joue en ce moment ?
— Pas autant que toi, visiblement.
— Moi, c’est naturel. Toute ma vie, je rêvais de
chanter à la radio. Finalement, c’est ma fille qui
semble être le prolongement de mon désir, puisqu’en
ce moment elle chante avec son copain dans des
restaurants avoisinants.
— Ah oui ? C’est génial, ça. On pourrait aller la voir
un jour.
Elle avait ce savoir curieux, cette passion vivante qui
m’impressionnait.
Et aussi… je la trouvais belle. Pas seulement son
sourire ou ses yeux. C’était sa manière de bouger, de
rire, de pencher la tête quand elle parlait. Elle est tout
simplement rayonnante, sans artifice.
Plus la soirée avançait, plus nos regards se
rapprochaient. La musique était bonne. On chantait,
on dansait. La nuit avançait.
— Il est tard, j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir, me
dit-elle.
— Oui, moi aussi, lui répondis-je. Je vais te
raccompagner à ta voiture.
Rendus au véhicule, elle m’a dit :
— J’aimerais bien qu’on puisse se revoir.
— Oui, je te trouve vraiment fantastique, lui dis-je.
Il faisait froid, mais j’avais des chaleurs. Je m’avançais
près d’elle. Je la serrais dans mes bras.
Et puis, nos lèvres se sont touchées.
Un baiser. Un long baiser.
Dans ce baiser, il y avait quelque chose qui
ressemblait à un commencement.
Cette nuit-là, je retournais à la maison sur un nuage.
Chill
Mon père et mon entourage m’appelaient « Syl »,
diminutif classique de Sylvain. Mes amis de gars, eux,
m’avaient surnommé « Sly » — c’était commun à
l’époque. Un peu macho, un peu cool. Rien de bien
original.
Mais avec Manon… c’était différent. Dès nos
premiers moments ensemble, on riait beaucoup. Rien
n’était pris au sérieux. On partageait nos histoires, nos
galères, nos petits triomphes, et tout semblait
tellement plus simple à ses côtés. Comme si la vie
elle-même devenait plus légère.
Elle disait souvent que c’était pareil pour elle. Un jour,
dans un éclat de rire, elle m’a lancé :
— On ne devrait pas t’appeler Sly, ni Syl. Tu devrais
t’appeler Chill. Sérieusement. T’es toujours relaxe,
tout est doux avec toi.
Ça nous a fait rire… mais c’est resté. Depuis ce jour,
tout le monde a fini par adopter ce surnom. Et
franchement, ça me va. Je suis Chill. Et fier de l’être.
En route vers l’hôpital
Elle avait un joli appartement sur le bord de la rivière
à Sainte-Adèle. Un petit havre de paix, lumineux,
vivant, où tout semblait à sa place. Elle m’y a invité
peu après cette fameuse soirée.
J’ai découvert une femme ancrée dans sa vie, mais
ouverte à autre chose. Elle avait un fils, qui allait
bientôt avoir neuf ans. Elle en avait la garde une
semaine sur deux. Le papa, lui, était propriétaire d’un
concessionnaire automobile — encore une fois, le
monde des voitures semblait nous relier.
Elle avait aussi une fille de vingt ans, qui revenait tout
juste d’un long séjour en Alberta. Pour l’instant, sa
fille demeurait chez son père, lui aussi dans le monde
automobile. Décidément. J’aurais pu comprendre que,
pour Manon, un troisième homme dans sa vie, encore
dans l’automobile, puisse la rendre un peu réticente.
Un matin de mai, je devais aller à l’hôpital pour une
opération. Une tumeur des glandes salivaires. Pas
cancéreuse, mais très déplaisante à gérer lorsque je
voulais respirer — c’était de plus en plus difficile.
Rien de dramatique, mais assez pour qu’on se sente
un peu vulnérable.
Je lui ai demandé si elle pouvait m’accompagner. Elle
a dit oui immédiatement. C’était peut-être un petit
geste pour elle, mais pour moi, c’était grand.
Nous n’habitions pas ensemble. Elle vivait à Sainte-
Adèle, moi à Sainte-Anne-des-Lacs, dans une belle
petite maison. Notre relation était encore jeune,
fragile dans sa nouveauté, mais solide dans son
naturel. On n’avait pas encore mis d’étiquettes, mais
tout en nous disait déjà que c’était sérieux.
En route vers l’hôpital, il y avait un silence calme
entre nous. Certainement un peu de nervosité. Qu’est-
ce qu’on dit dans ces moments-là ?
— Tu n’es pas nerveux ? me demanda-t-elle en jetant
un coup d’œil vers moi.
— Un peu… mais je crois que je serai mieux après.
J’ai confiance, et je suis content que tu aies pu
m’accompagner.
Je souris, rassuré par sa voix. Tout semblait plus léger
quand elle était là.
Les serres
Je voulais passer du temps avec elle avant d’entrer à
l’hôpital. Juste pour respirer, avant d’être enfermé
deux jours. Il y avait le Jardin botanique de Montréal
juste à côté. Nous sommes allés y marcher, visiter les
serres.
Tout sentait bon. Les plantes, les fleurs, l’humidité de
la serre tropicale. L’air parfumé collait à la peau.
Je m’arrête devant une plante impressionnante.
— Wow, regarde ça… C’est quoi déjà, cette grande
feuille avec toutes ces nervures ? On dirait un
parapluie tropical.
— Ça, c’est un Philodendron giganteum, répondit-elle en
me faisant un clin d’œil. On l’appelle souvent le roi
des philodendrons. Il est réputé pour purifier l’air.
— Attends, toi, tu sais ça ?
— Tu crois que je ne fais que t’écouter parler de
voitures ? Moi aussi j’ai mes petites passions.
Un peu plus loin, dans la serre des orchidées :
— Bon, celui-là, je le reconnais : une orchidée.
Elle rit doucement.
— Oui, mais pas n’importe laquelle. C’est une
Cattleya, l’orchidée des corsages. En Amérique latine,
on l’associe souvent à la beauté et à la joie.
— Je commence à avoir peur… Tu me caches une
formation en botanique ?
— Non, mais j’aime comprendre les plantes. Elles ont
toutes des histoires, des vertus. Par exemple, certaines
orchidées sont utilisées pour calmer l’anxiété.
Dans la section des plantes médicinales :
— Oh, ça je connais ! dis-je, fier. C’est de l’aloès.
— Bravo, chéri ! Oui, l’Aloe vera. Elle apaise les coups
de soleil, mais aide aussi la digestion quand on la
prend en jus.
— Franchement, je suis impressionné. Tu sembles
connaître toutes les plantes de ces serres…
— Tu sais, j’ai étudié en homéopathie. C’est peut-être
pour ça que je m’intéresse autant aux vertus des
plantes.
— Ah, c’est vrai ! Mais l’homéopathie, ce n’est pas
exactement pareil, non ?
— Non, pas vraiment. L’homéopathie, c’est une
approche qui utilise des substances naturelles, souvent
des plantes, mais diluées de façon extrême pour
stimuler la capacité du corps à se rééquilibrer par lui-
même. C’est plus une médecine énergétique et
symbolique.
— Tandis que là, en parlant des plantes, tu parles de
leurs vertus directes…
— Exactement. Quand je dis que la camomille apaise
ou que l’aloès hydrate la peau, ça c’est l’herboristerie
ou la phytothérapie : on utilise directement les
propriétés naturelles de la plante. Mais mon bagage en
homéopathie m’a appris à observer, à relier, à
comprendre la force vitale derrière les choses.
— Donc si je comprends bien, tu es un peu comme
une encyclopédie magique : entre le visible et
l’invisible ?
— Tu pourrais dire ça. Et c’est ce qui me passionne :
voir la beauté de la plante, ses effets réels, mais aussi
sa symbolique plus subtile.
Enfin, dans la serre des bonsaïs :
— Ces arbres miniatures sont magnifiques.
— Ce sont des symboles de patience et d’équilibre. Je
pense que cela a des ressemblances avec un couple.
Tu ne trouves pas ?
— Oui, je suis d’accord avec toi.
Elle sourit malicieusement.
— Et toi, tu es la liane de la jungle. Et je suis
sérieusement en train de m’accrocher à toi.
Nous avons éclaté de rire, avant de terminer la visite
main dans la main.
L’admission
À l’hôpital, pendant l’admission, l’infirmière s’est
approchée pour recueillir mes informations
personnelles.
— Qui voulez-vous qu’on appelle en cas d’urgence ?
— Est-ce que votre conjointe est ici ?
Et sans réfléchir, avec calme et assurance, elle a
répondu :
— Sa conjointe est juste ici.
Je me suis tourné vers elle, un peu surpris. Et on a
éclaté de rire.
Ce genre de lapsus doux qui raconte tout avant qu’on
ait eu le temps de le vivre. Ce fut, sans qu’on le sache
tout à fait, le point d’ancrage de notre histoire. Ce
jour-là, entre un formulaire et une salle d’attente
beige, quelque chose a basculé. Une union invisible
s’est créée.
L’équipe de médecins vint me chercher. L’opération
durerait environ deux heures. Ils avaient prévu de
m’endormir, et, après l’opération, je retournerais à la
salle de réveil jusqu’au lendemain.
Manon était prête à me laisser aller avec l’équipe
d’experts, juste le temps de me dire au revoir avant
que je sois emmené à la salle d’opération.
— Tu sais que tu m’as surpris, tout à l’heure, à
l’admission, ai-je murmuré.
Elle m’a lancé un regard mi-amusé, mi-sérieux.
— Ah oui ? Pourquoi ?
— Tu as dit « sa conjointe ». Je ne m’y attendais pas.
— C’est sorti tout seul, dit-elle en haussant les
épaules. Mais en même temps… ce n’est pas un peu
ça, déjà ? Nous deux ? Je sens que ma place est ici
avec toi. Je le sens vraiment. Et je serai ici à ton réveil.
J’ai confiance en tes docteurs. Sois confiant toi aussi.
Courage, mon beau Chill.
Elle me laissa une carte de souhaits qui disait :
Nous voici enfin réunis. Nos moments si doux
ensemble me confirment les forts sentiments que
j’éprouve pour toi. Toutes tes marques d’affection me
réjouissent au plus haut point. Tu es magnifique, «
Mon Rêve ! »
Je ferai tout en mon pouvoir pour te rendre la vie la
plus agréable. Je veux te chérir et te combler. Je t’aime
déjà très fort et ce n’est que le début.
J’ai marqué une pause. J’étais ému, très ému. Mon
cœur aussi.
Elle a souri. Ce genre de sourire qui ne dit pas tout,
mais qui contient tout.
Pas besoin de déclarations spectaculaires. Parfois, une
petite confusion suffit à faire naître quelque chose de
vrai.
Et je suis parti vers la salle d’opération.
Manon, elle, était nerveuse, car elle se souvenait de ce
que les docteurs avaient mentionné concernant les
risques que comportait l’opération. Ouf ! Elle alla
prendre une grande marche pour se calmer.
Je ne savais pas encore ce que la vie nous réservait.
Mais je savais que je voulais qu’elle en fasse partie.

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